Pilotage d’avion à 75 ans : une limite d’âge à connaître ?

2 janvier 2026

Pilote âgé en uniforme dans le cockpit d’un avion moderne

Ils sont une poignée à l’avoir fait, et beaucoup plus nombreux à y songer. À 75 ans, certains s’imaginent déjà les deux mains sur le manche, le regard tourné vers l’horizon, prêts à goûter à la liberté du ciel. Pourtant, la réglementation ne ferme pas la porte. Elle attend autre chose : la preuve que le corps et l’esprit tiennent la distance.

Aucune loi européenne n’interdit formellement à une personne de 75 ans de piloter un avion de tourisme. Le renouvellement du certificat médical, exigé pour chaque catégorie de licence, repose uniquement sur l’aptitude physique et mentale, sans référence stricte à une limite d’âge.

Des instructeurs et des écoles acceptent régulièrement des élèves de plus de 60 ans, à condition de satisfaire aux contrôles médicaux périodiques. Les conditions varient selon la licence choisie et le type de vol envisagé. Les critères médicaux, plus que l’année de naissance, déterminent la possibilité de continuer ou d’entamer une formation de pilote.

Jusqu’à quel âge peut-on piloter un avion en France ?

En France, la porte du cockpit reste ouverte tant que le pilote coche les cases du contrôle médical et administratif. Pas de plafond officiel pour les amateurs, la réglementation européenne place la santé, la vigilance et la capacité de décision bien avant l’âge civil. La direction générale de l’aviation civile (DGAC) ne bloque ni l’accès à la licence de pilote privé (PPL), ni à la LAPL, au motif du nombre d’années au compteur.

Pour les pilotes professionnels, la donne change : passé 65 ans, impossible de tenir les commandes d’un vol commercial en tant que commandant de bord. Ce seuil, établi à l’échelle européenne, vise à garantir la sécurité en vol public. Les compagnies et écoles de formation respectent strictement cette limite lors de la délivrance ou du renouvellement d’une licence de pilote de ligne (ATPL).

Mais du côté des avions légers et des loisirs, aucun verrou n’existe pour les plus de 65 ans. Les aéro-clubs français accueillent régulièrement des passionnés de 70, 75 ans, parfois plus, à condition de présenter un certificat médical à jour. À chaque renouvellement de licence, seule l’aptitude médicale fait foi, que ce soit pour la formation, l’emport de passagers ou l’accès à de nouvelles qualifications.

Ce choix s’inscrit dans la logique européenne, partagée par de nombreux pays membres. Les autorités s’intéressent d’abord à l’âge minimum pour débuter, mais la question de l’âge maximal ne se pose que rarement : à chaque contrôle, c’est la compétence et la sécurité qui priment.

Les conditions médicales et administratives après 60 ans : ce qu’il faut savoir

À partir de 60 ans, les exigences se resserrent pour les pilotes privés. L’aptitude médicale devient une étape incontournable : pour une licence PPL, la visite doit désormais se renouveler tous les deux ans, puis chaque année après 65 ans. Le médecin agréé par la DGAC examine la vision, l’audition, les antécédents médicaux, les réflexes, l’état neurologique et la santé cardio-vasculaire. Rien n’est laissé au hasard.

Le certificat médical de classe 2, délivré exclusivement par un médecin-examinateur aéronautique, conditionne chaque vol : c’est le sésame pour continuer à piloter, embarquer des passagers, renouveler qualifications et licences. Si un doute subsiste, le praticien peut demander des examens complémentaires ou suspendre temporairement l’aptitude.

La règle française s’aligne sur les standards européens et internationaux, qu’on retrouve du côté de la FAA américaine ou de Transport Canada. Le rythme des visites varie selon l’âge et la licence. Pour la LAPL, le contrôle médical devient également biennal après 60 ans.

Voici les principaux rythmes de visites imposés aux pilotes privés après 60 ans :

  • Licence PPL : examen médical tous les deux ans après 60 ans, puis chaque année au-delà de 65 ans
  • Licence LAPL : examen médical tous les deux ans après 60 ans

Il ne suffit pas d’être en bonne santé : le maintien des compétences pratiques et théoriques compte aussi lors des renouvellements de licence. La sécurité des vols repose sur ce double contrôle, entre suivi médical et validation technique régulière.

Devenir pilote de loisir à 75 ans : quelles formations et licences accessibles ?

Apprendre à piloter à 75 ans n’a rien d’exceptionnel en France. Les aéroclubs affiliés à la Fédération Française Aéronautique accueillent les candidats motivés, sans fixer de limite d’âge. La seule condition, c’est l’aptitude médicale certifiée.

Deux principaux parcours s’offrent à ceux qui se lancent :

  • PPL : au moins 45 heures de vol, une solide formation théorique, puis l’examen pratique
  • LAPL : à partir de 30 heures de vol, un cursus simplifié, accès aux appareils légers et aux vols locaux ou aux voyages courts

Avec la PPL, on peut voler partout en Europe avec des avions monomoteurs, emporter des passagers, viser de nouvelles qualifications (vol de nuit, multi-moteur…). La LAPL, plus accessible, limite les appareils à 2 000 kg et quatre sièges.

Quel que soit le parcours, l’âge ne ferme aucune porte. Les seniors suivent la même progression : simulateur, doubles commandes, puis vol solo encadré par un instructeur. Il reste toujours possible d’ajouter des qualifications de classe ou de type (train classique, TMG, multi-moteur…). L’examen théorique, lui, ne fait aucune distinction d’âge.

La motivation, la régularité, le suivi médical : voilà ce qui permet de démarrer ou de reprendre une formation de pilote à 75 ans. Dans les faits, la compétence et l’aptitude priment sur tout le reste.

Femme âgée vérifiant un avion léger sur le tarmac

Ressources et conseils pour franchir le pas sereinement

Rejoindre un aéroclub à 75 ans soulève parfois des questions. La Fédération Française Aéronautique met à disposition la liste des clubs agréés, leurs flottes, leurs spécificités, et détaille les démarches d’adhésion. Mieux vaut choisir un club où la pédagogie s’adapte à chacun, où l’accompagnement va au-delà du simple passage de la licence. Les instructeurs expérimentés savent ajuster la formation, accompagner la progression, garantir la sécurité à chaque étape.

Avant de vous lancer, prenez le temps de rencontrer les équipes, d’échanger avec des pilotes déjà formés, de découvrir les locaux. Un vol d’initiation, proposé par la plupart des clubs, permet de sentir l’ambiance, de découvrir la machine et de prendre la mesure de ce qui vous attend. La formation s’inscrit dans la durée : ici, chacun avance à son rythme, sans se comparer aux autres.

Pour préparer votre projet sereinement, voici quelques recommandations utiles :

  • Prendre rendez-vous avec un médecin agréé pour obtenir le certificat médical exigé avant toute formation
  • Se renseigner sur les aides financières, parfois proposées par certaines associations ou collectivités
  • Visiter les installations, assister à un briefing, observer une séance de simulateur pour se familiariser avec l’environnement

La maîtrise de la langue ne doit pas freiner les envies : la majorité des clubs proposent un accompagnement personnalisé, même pour les néophytes en phraséologie aéronautique. Sur tout le territoire, et bien au-delà, les aéroclubs offrent des parcours variés, du baptême de l’air à la préparation d’une PPL ou d’une LAPL. L’expérience du vol se partage, se construit, se transmet, loin des clichés sur l’âge. Prendre l’air, à 75 ans ou plus, reste une aventure parfaitement accessible, pourvu que l’envie soit là et que la santé suive. Qui sait ce que réserve le prochain décollage ?

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